mercredi 8 octobre 2008

De Niro - Pacino : "On a encore des choses à faire ensemble !"

Deux flics plongés dans une enquête inextricable à New-York. Du sur mesure pour Al Pacino et Robert de Niro, qui partagent l'affiche de La loi et l'ordre, en salles cette semaine. Le second déjà engagé, le réalisateur Jon Avnet n'a eu qu'a rappeler le premier, qu'il avait déjà dirigé sur le thriller 88 Minutes. Quoi qu'on en dise, cela reste un sacré tour de force.



Sortir :
Jon Avnet, en choisissant ces deux hommes, vous étiez saviez que derrière eux, il y avait des rôles très forts ?

Jon Avnet : Je pense que c'est intéressant de voir Bob et Al jouer des détectives à New-York, une ville personnage à part entière. Qui d'autre aurait pu mieux le faire : à New York et dans un film noir ? Le film permet de plonger dans ce lien amical qui rassemble les deux acteurs. Un seul regard de Bob ou de Al exprime énormément.

Sortir : Qu'est ce que cela fait de se retrouver à nouveau ensemble, à partager plus qu'une tasse de café comme dans Heat ?

Robert de Niro : C'est très agréable et très confortable de travailler avec Al. On sort d'abord tous les deux de l'actor studio (association prestigieuse d'art dramatique New Yorkaise, NDLR). Cette rencontre était totalement inattendue.

Al Pacino : Et on essayera de le refaire ! Ce n'est pas facile comme on a des emplois du temps très serrés. Il y a eu peu de fois où on était à deux doigts de faire quelque chose ensemble.
Robert de Niro : (acquiescant) On a encore beaucoup à apprendre l'un l'autre.

Sortir : Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans l'intrigue du film ?

Jon Avnet : Le crime du début est assez terrible. Dans les yeux des personnages de Bob et Al, on comprend le monde tel qu'ils le perçoivent. On ne peut pas rester de glace face à deux hommes complices et pourtant différents : l'un qui vit tout intérieurement et l'autre qui bouillonne en surface. Ce qui rend les serial killers interressants, c'est ce qui les rend incompréhensibles. Quand ils sont découverts, la plupart des gens disent qu'ils étaient des mecs sympas, qu'ils avaient un travail, des amis. Ce sont eux, les meilleurs acteurs du monde!

Sortir : Les années 70, c'était la bonne époque ? Désormais, le cinéma n'offre plus des Scarface ou des Raging Bull ?

Al Pacino : Je pense que vous réagissez face à la période dans laquelle vous vivez. En 70, il y avait une sorte d'explosion des films sociaux, de gangsters. C'est arrivé quand nous étions jeunes tous deux et ce fut vraiment une chance. Les choses changent. Partout, il y a des films merveilleux et peut-être qu'avec le recul, on pourra mieux juger la période d'aujourd'hui. Dans les années 70, on faisait juste des films, on ne se posait pas la question de l'impact qu'ils pouvaient avoir.

Sortir : On retrouve désormais Robert de Niro dans des rôles plus légers. Al, êtes vous tenté par l'autodérision et la comédie ?

Al Pacino : Avant on essayait de trouver d'autres rôles à Hollywood. Aujourd'hui, on ne le fait plus. Pas parce qu'on ne peut pas le faire mais parce que le public veut nous voir dans un rôle bien précis. Ce qu'on veut vraiment faire, c'est trouver un rôle qui permet clairement de s'exprimer sur le personnage que l'on joue. C'est pour cela qu'un acteur aime s'exercer sur des films indépendants.On ne veut pas se répéter, même si cela arrive parfois. Ce qu'on veut vraiment faire, c'est trouver un rôle qui nous permette d'exprimer ce qu'on ressent vis à vis du rôle. C'est ce qui nous donne envie de continuer.

Sortir : Pourquoi ne pas forcer le destin et réaliser vous-même le film qui vous réunira à nouveau ?

Robert de Niro : Michael et Kirk Douglas ont toujours voulu faire quelque chose ensemble et ils n'ont jamais vraiment réussi. On a commencé à en parler avant Heat et cinq ans sont passés. On ne va pas attendre aussi longtemps pour vraiment essayer de le faire.

Propos recueillis par Jonathan Blanchet

Paru dans Sortir du 08/10/08

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