lundi 5 avril 2010

Tim Burton : "Alice était insupportable"

Son univers était taillé pour le metteur en scène poète et gothique. Tim Burton dépoussière aujourd'hui le conte de Lewis Carroll, plaçant son Alice à contrecourant des adaptations précédentes. Elle a aujourd'hui 19 ans et est promise à un lord anglais aux manières peu ragoûtantes. Elle a tout oublié de sa précédente incursion dans le terrier du lapin blanc, mais lui, toujours en retard, fait irruption au beau milieu de la cérémonie pour la ramener à Wonderland. « Son » Alice, femme-enfant incarnée par une presque-inconnue, Mia Wasikowska, est nettement plus opiniâtre que son jeune modèle. « Je n'ai jamais aimé les versions précédentes » explique Burton. « Le personnage de Lewis Carroll me paraissait représentés de façon trop stricte. Il y a eu 28 versions d'Alice au cinéma et à chaque fois, Alice était insupportable, en s'étonnant bêtement d'une suite de rencontres avec des personnages bizarres. Il n'y avait pas d'âme, pas de fondement ».

Dans la version labellisée Burton, Alice se voit immédiatement attribuer une quête, atténuant l'effet de surprise lié au rêve de l'original. Burton ratisse large dans l'imaginaire fantastique. Alice y est fagotée en guerrière chevaleresque et de nouveaux personnages font leur apparition, nspirés des poèmes de Carroll lui-même comme le dragon Jabberwocky. « J'ai connu le personnage d'Alice à travers des chansons, une imagerie populaire. Ce qui m'interpellait, c'était à quel point cette imagerie faisait entièrement partie de la culture, du langage avec des expressions comme « fou comme un chapelier ». J’ai voulu , que la fantaisie soit utile pour explorer la réalité du monde ». Une réalité auquel le cinéaste sera confronté en tant que président du jury du prochain Festival de Cannes. « J'ai été pendant des années dans un vide cinématographique,enfermé à faire mes films. Ce sera l'occasion de me reconnecter avec le cinéma ».

Alice au Pays des Merveilles. Un film de Tim Burton. Avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter… Durée : 1h49.

Jonathan Blanchet
Photo : Disney France (c)

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